L’hystérie

L’hystérie est une névrose, une affection psychique dans laquelle le symptôme est l’expression d’un conflit intrapsychique. D’une certaine manière, le trop plein émotionnel, en l’absence d’élaboration psychique, s’exprime par des voies détournées. Cette affection présente entre autres

  • divers symptômes corporels ou d’apparence somatique : douleurs, paralysies, anesthésies, pertes de connaissance et atteintes sensorielles… Sans substrat organique, ces manifestations psychomotrices, sensorielles ou végétatives expriment les idées refoulées et des affects réprimés.
  • les modifications de l’affect allant de la « belle indifférence » aux crises émotionnelles,
  • ou encore la fixation d’angoisse sur un objet extérieur (dans l’hystéro-phobie).

Névrose hystérique expliquée par le psychologue

 

jeune femme hysterique hystérie

Les formes classiques d’hystérie sont l’hystérie de conversion et l’hystérie d’angoisse, appelée aussi l’hystéro-phobie.

Les troubles de conversion apparaissent aux alentours de la puberté et la névrose hystérique se cristallise souvent dès l’adolescence et chez les jeunes adultes. Toutefois, les symptômes réactionnels de conversion et les crises émotionnelles peuvent survenir plus tardivement.

 

L’hystérie – une organisation psychique évoluée

Cependant, l’hystérie est une organisation psychique évoluée, structurée autour d’une problématique œdipienne avec une stabilité identitaire ainsi qu’une continuité interne dans les relations objectales. Des imagos parentales sont bien différenciées offrant des possibilités identificatoires stables mais souples. Un surmoi et un idéal du moi sont toutefois relativement rigides, poussant le Moi à expédier à l’extérieur les éléments du conflit inconscient. D’où l’utilisation de la projection des éléments du conflits par exemple sur les relations amicales. Le corps propre peut également servir de réceptacle de l’élément du conflit par le biais de la conversion hystérique.

 

Symptômes de l’hystérie

Ainsi, les symptômes varient selon le type d’hystérie.

Dans l’hystérie de conversion, où le conflit psychique qui domine l’inconscient du patient vient se symboliser dans le symptôme corporel plus ou moins durable tel : anesthésie, paralysie, cécité, contractures, ou autres atteintes sensorielles sans lésions organiques. La conversion somatique est parfois paroxystique et temporelle et parfois permanente.

L’hystérique désavoue le corps mais celui-ci s’impose à lui par des manifestations fonctionnelles imitant d’autres maladies. Sa plainte inconsciente s’adresse au médecin, aux membres de la famille, bref à la mère qui autre fois avait surinvesti le corps de son enfant.

Ces symptômes somatoformes s’accompagnent parfois par des manifestations psychiques telles crises émotionnelles avec théâtralisme ou encore pertes de connaissance.

A notre époque, l’anorexie est l’une des manifestations fréquentes de l’hystérie.

Alors que dans l’hystérie d’angoisse le symptôme central est la phobie, d’où le nom d’hystéro-phobie. Dans ce type de névrose, l’angoisse se fixe de façon plus ou moins stable sur un objet extérieur.

 

 

hysterie masculine

 De nombreuses modifications récentes des rôles sociaux ainsi que la propagation des confusions identificatoires sont à l’origine de l’émergence d’hystéries masculines.

L’hystérie – la vedette de l’histoire de la psychiatrie 

Souvent spectaculaire, l’hystérie est connue de l’antiquité et longtemps considérée com une maladie strictement féminine. En Egypte comme en Grèce, elle est décrite comme liée à l’utérus qui, en se déplaçant dans le corps, provoquerait les symptômes hystériques.

Plus tard, femmes « malades de l’utérus », les hystériques furent considérées comme possédées et soignées par les exorcismes de leur excès d’érotisme ou brûlées sur place publique.

Les premières thèses de l’origine cérébrale de l’hystérie apparaissent à partir du dix-huitième siècle. Mais c’est Jean-Martin Charcot, le neurologue français qui introduit la thèse de l’origine psychogénétique de cette affection et commence à soigner les symptômes par hypnose. Il lie la genèse de l’hystérie à un trauma provoquant une dissociation de la conscience qui peut concerner aussi bien les femmes que les hommes. En effet, il présente les cas de l’hystérie masculine.

L’origine psychique de l’hystérie

L’étiologie psychique de la névrose hystérique devient claire avec la découverte du fonctionnement psychique en partie inconscient. L’histoire de la compréhension de l’hystérie et l’histoire de la psychanalyse sont donc intimement liées. L’hystérie est causée par le trauma lié à une séduction du malade et au refoulement des souvenirs traumatiques.

Le mécanisme du refoulement constitue le pivot de l’hystérie et sa thérapeutique vise à retrouver la mémoire et retrouver les traces des souvenirs refoulés.

Freud explique l’hystérie par la causalité psycho-traumatique. Dans un premier temps, pour Freud, l’hystérie est forcément liée à la fonction sexuelle. Le trauma étant liée à une séduction du malade, lorsqu’il était enfant par un adulte. L’hystérique souffre de réminiscences de ce trauma lié à la séduction. Pour guérir l’hystérie il s’agit de lever le refoulement, qui est un blocage dans l’inconscient de ces souvenirs désagréables.

Quelques années plus tard, le traitement des traumatismes de la première guerre mondiale permet à Freud de démontrer l’existence et l’origine traumatique de l’hystérie masculine chez les blessés. Les traumatisés de guerre ont présenté plusieurs symptômes hystériques dus à un choc traumatique provoquant une dissociation de la conscience.

La parole – une voie de dégagement

hystérie psychologue paris sorcièreFreud pratiquait la méthode cathartique afin de libérer les souvenirs traumatiques de l’hystérique. Au départ, il utilisait l’hypnose, puis la cure par la parole, qui consiste à raconter l’histoire de chacune de représentations douloureuses dans les moindres détails. De ce « ramonage de cheminée » (« chimney sweeping »), selon les termes de la première patiente soignée par cette méthode, résulte la disparition des symptômes.

En fait, cette première patiente n’était pas soignée par Freud lui-même mais par son confrère et ami Breuer. Ce dernier se voyant débordé par les phénomènes transférentiels au sein de la cure, se confie à Freud. De cette collaboration avec Freud qui parvient à analyser les mécanismes psychiques profonds des phénomènes hystériques résultera la publication en 1895 des « Etudes sur l’Hystérie », qui marque le début de la psychanalyse.

Quelle psychothérapie pour soigner l’hystérie?

Les psychothérapies les plus efficaces pour soigner l’hystérie sont celles qui continuent sur la voie initiée par Freud : la psychothérapie par la parole. Les efforts de Freud pour soigner les patients hystériques consistaient à les amener à prendre conscience à la fois des événements traumatisants de leur histoire et des affects qu’ils avaient été amenés à considérer comme inacceptables. Le refoulement cause de l’anxiété et l’angoisse qui accompagne si fréquemment l’hystérie. L’anxiété est provoquée par une accumulation des émotions inexprimées et des affects réprimés. Ces sentiments poussent à la décharge et provoquent donc un état de tension chronique. La psychothérapie par la parole permet d’exprimer ces affects mais aussi d’examiner des liens susceptibles d’exister entre les évènements de vie et les symptômes et ouvrir ainsi des processus de pensée. Le thérapeute aide à trouver la traductions symboliques et d’éclairer ainsi la signification et le rôle du symptôme.

La psychothérapie propose le traitement par la méthode développée à partir de la cure freudienne par la parole et des associations libres. Le psychothérapeute offre un espace de dégagement et d’élaboration aux éléments psychiques autrement inaccessibles et intraitables. La parole, parlée ou écrite reste une voie de dégagement privilégiée pour traiter la névrose hystérique.

En complément, l’approche corporelle permet d’accéder aux affects réprimés à travers leur expression au niveau du corps.

Une psychothérapie doit être précédé d’un diagnostic clinique, car divers traits et symptômes peuvent être périodiquement intensifiés. L’hystérie et la personnalité histrionique partagent un certain nombre de caractéristiques avec les personnalités dépendante, borderline et narcissique. Les hystériques peuvent être sujets à l’humeur dépressif et à des états d’hypomanie ainsi qu’aux accès d’anxiété aiguë.

Des plaintes somatiques, la conversions, l’hypocondrie et les symptômes dissociatifs avec perte de mémoire de faits spécifiques font que les hystériques et les personnalités histrioniques consultent souvent des médecins de diverses spécialités plutôt qu’un psychologue. Les personnes atteintes de troubles histrioniques recherchent rarement une psychothérapie.

Cabinet de psychothérapie Paris 7

De la norme à la pathologie

Il existe plusieurs types de personnalité hystérique (ou, selon la nouvelle nosographie, histrionique), ont une constellation de traits différents. Les personnes ayant un style de fonctionnement histrionique normal sont souvent appréciées dans la vie sociale en tant que personnes expressives, chaleureuses et sociables qui communiquent leur joie de vivre. Les personnes avec la personnalité hystérique valorisent les émotions et expriment ouvertement leurs sentiments.

Elles attachent de l’importance à leur prestance et mettent l’accent excessif sur l’apparence physique. Convaincues de leur charme, elles en jouent afin d’obtenir de la reconnaissance. De même, le comportement sexuel un peu provocateur et la séduction visent à attirer l’attention. Les hystériques apprécient les éloges et les compliments, et lorsque leur trouble est grave, elles en dépendent deviennent déprimées lorsqu’elles ne sont pas sous les projecteurs.

Alors qu’une personne au style histrionique est charmante et flirte discrètement, la personne atteinte d’hystérie peut se comporter de manière provocante sexuellement pour impressionner. Elle est déprimée, en colère et de mauvaise humeur lorsqu’elle ne se sent pas reconnue.

Une personne au style histrionique souffre d’une certaine labilité émotionnelle qui est d’autant plus importante que le trouble est grave.

De même, les angoisses liées à la santé et à la malade sont plus ou moins fréquents et fort en fonction d’importance de troubles hystériques. La fonction de somatisation peut être d’attirer l’attention des autres, entre autre à travers les soins.

Hystérie et personnalité histrionique expliquées par Psychologue Paris 7

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