Co-dépendance

La-codépendance est un trouble de la relation, caractérisé par une forte dépendance vis-à-vis d’un partenaire, souvent à problèmes, par exemple, dépendant de l’alcool ou du jeu.  La personne co-dépendante souhaite l’aider à n’importe quel prix, en sacrifiant ses propres besoins au profit de son partenaire. Ses sacrifices provoquent chez elle une forte frustration qu’elle a tendance à nier et qui reste inexprimée. Malgré la souffrance éprouvée, la personne co-dépendante ne parvient pas à se libérer.

La relation est donc houleuse, remplie d’excès.  La personne co-dépendante se sent mieux dans de telles relations. Dans une relation calme, elle s’ennuie rapidement.

Vivant avec une personne dépendante à l’alcool, à la drogue ou aux jeux, vous êtes convaincu que sans votre aide il ou elle va sombrer.  Vous l’aidez donc à n’importe quel prix, à votre détriment et sans vous soucier de vous-même. Vous êtes consommé par ce besoin obsessionnel de contrôler l’autre pour le protéger de lui même.

Votre attention est centrée sur les besoins de votre partenaire ou d’autres personnes, tout en méconnaissant les vôtres. Dans tous les cas, ses besoins passent loin devant les vôtres.

La co-dépendance est avant tout une recherche d’amour par les personnes qui n’ont jamais reçu de l’attention autre que sous forme d’emprise et de contrôle. Il est donc logique qu’ils continuent à confondre amour et contrôle.

Co-dépendance, qu’est-ce que c’est ?

Manifestations

  • Une personne co-dépendante a appris à taire ses besoins et fait tout pour satisfaire son partenaire ou les autres. Son sentiment de bien-être dépend de l’acceptation du partenaire et elle a peur de déplaire. Elle a une faible estime de soi et est toujours en train de se comparer avec les autres.
  • Elle se sent responsable de son partenaire qui, lui,  souvent, ne se sent concerné par rien ou presque. Elle tente alors de le contrôler pour lui éviter que sa situation se dégrade ou pour lui apporter du bien-être.
  • Un co-dépendant est prêt à tout, y compris à agir contre son propre intérêt pour garder l’amour de son partenaire. Dans ce cadre, il peut prétendre être heureux et feindre le bien-être.
  • L’attention du partenaire co-dépendant est centrée sur les besoins du partenaire en difficulté. Il sacrifie voire méconnaît les siens. Jusqu’au moment où il n’en peut plus de tout ça et rejette la relation. C’est une réaction de contre-dépendance.
  • Certains signes de contre-dépendance peuvent apparaitre lorsque la personne co-dépendante souffre de son sentiment de dépendance vis à vis de son partenaire addict et ne supporte plus ni l’état de soumission ni les comportements de son partenaire. Elle peut ainsi passer d’une phase à l’autre.
  • Une relation de co-dépendance connait cette alternance de phases de co-dépendance et de contre-dépendance. Un revirement complet peut aussi se produire. Le partenaire co-dépendant devient alors rejetant, tandis que l’autre prend son rôle le co-dépendant.

Comment comprendre la co-dépendance?

À la base de la co-dépendance se trouve une dépendance affective à la personne addicté.  Il s’agit de la dépendance psychologique à un partenaire, généralement un partenaire qui a besoin de soutien en raison d’une maladie, d’un déséquilibre ou d’une dépendance. La personne co-dépendante semble addicte aux besoins de son partenaire, de son acceptation, elle ne peut pas supporter que le partenaire soit mécontent ou se fâche contre elle.
“Je ne peux pas supporter quand il se fâche contre moi, et je ferai tout pour qu’il soit content, même si cela me coute!”

Le schéma de co-dépendence est transmis par des processus multifamiliaux transgénérationnels. La transmission s’opère de manière inconsciente et s’appuie sur le mécanisme du déni.

Vous êtes amoureux d’un alcoolique… Vous ignorez ou niez vos sentiments de frustration et  vos besoins émotionnels. Vous avez peut-être grandi dans une famille où vos opinions et vos sentiments n’ont pas été respectés et vos besoins émotionnels n’ont pas été satisfaits de manière adéquate. Dans cette famille plutôt que de risquer le rejet ou la critique, vous avez choisi d’apprendre à ignorer vos besoins ou à croire qu’ils étaient faux, d’ignorer vos sentiments ou les considérer comme sans importance. Les autres étaient plus importants… et pour garder leur amour il a bien fallu être très attentionné et apprendre à taire ses besoins.

Vous avez été poussé à croire que le mieux c’est de devenir autosuffisant, à chercher du réconfort dans le travail, le sexe, la nourriture ou les drogues.



 

Contre-dépendance

La contre-dépendance est une attitude de refus d’attachement émotionnel.  Les personnes qui refusent de reconnaître qu’elles ont besoin des autres se protègent de la souffrance que la rupture ou le rejet peut provoquer. Elles évitent les situations intimes aussi souvent que possible et essayent de ne compter que sur elles-mêmes.

Attitude de contre-dépendance se caractérise notamment par :

  • les relations intimes étroites vous angoissent
  • vous évitez de demander de l’aide
  • vous cachez aux autres vos difficultés et notamment votre sentiment d’insécurité et vous préférez prétendre que tout va bien
  • vous avez du mal à remarquer les besoins et les désirs des autres et à en prendre conscience
  • vous préférez vous couper de vos sentiments de peur de constater des faiblesses et vous présentez souvent des comportements perfectionnistes
  • vous avez tendance à sexualiser tout signe d’affection.

Comment la psychothérapie peut aider à s’affranchir de la co-dépendance ?

Si vous êtes impliqué dans une relation de co-dépendance avec un agresseur ou avec une personne dépendante, ou si vous l’avez été dans votre enfance, vous pouvez être terrorisé par l’idée de déplaire à votre partenaire. 

Co-dépendance

Co-dépendance


Vous pouvez apprendre à le faire en rejoignant un groupe de parole pour les co-dépendants.  Ou en entreprenant une psychothérapie qui vous aidera à identifier les mécanismes en œuvre, à vous  détacher, pour arriver à lâcher le contrôle, pour ne plus vous sentir obsédé par l’autre.

L’objectif de la psychothérapie est de vous ramener à vous-même.

Réapprendre ou apprendre à concentrer votre attention sur vous-même, à avoir une guidance interne, plutôt qu’externe. S’autoriser à entreprendre les actions motivées par vos valeurs, vos besoins et vos sentiments, et non par les besoins de quelqu’un d’autre.

Vous apprendre à répondre aux besoins de votre partenaire de manière adéquate, sans que cela nuise à votre santé, ou compromette votre carrière, …

Tous Interdépendants

Nous avons tous besoin d’amour et d’acceptation des autres. Nous sommes tous dépendants – pourrait-on dire ? La manière de dépendre de l’autre peut être plus ou moins équilibrée ou perturbée.

La base d’une relation équilibrée est la confiance en soi et une solide estime de soi de chacun de partenaires. Vous choisissez de dépendre de celui que vous aimez mais vous savez aussi que sans lui/elle, vous êtes capable de prendre soin de vous-même. C’est ce qui vous permet de vous affirmer, de vous faire respecter par votre partenaire, de fixer des limites sans craindre d’être abandonné.

Historique du terme co-dépendance

Le terme «codépendence» (ou “codépendance”) est apparu chez les Alcooliques Anonymes pour décrire chez les partenaires des alcooliques une forme de dépendance à leur partenaire, lui-même dépendant de l’alcool. Les partenaires des personnes dépendantes de l’alcool répètent souvent un schéma d’implication dans la dépendance appris auprès d’un parent qui était lui-même dépendant (alcool, drogues, jeux de hasard, sexe etc).

Le terme a changé de signification car il est apparu que ce schéma existe chez certaines personnes, décrites comme co-dépendantes, même en absence de l’addiction chez leur partenaire. Le terme s’est élargi pour décrire la dépendance aux gens dans les relations où une personne sacrifie son bien-être pour rester auprès d’un partenaire qu’elle tente de contrôler pour lui apporter du soin ou du bien-être.

Le concept  de co-dépendance s’est développé surtout dans les pays anglophones, notamment à travers les écrits de Melody Beattie et Robin Norwood.