La trypophobie qu’est-ce-que-c’est ?

Le terme de trypophobie fait référence à la crainte irrationnelle d’objets ou d’images de groupe de trous, de conglomérat de formes graphiques, par exemple un nid d’abeilles ou la fleur de lotus… Chaque forme géométrique répétée de manière rapprochée peut devenir objet de cette aversion. C’est d’ailleurs peut être plus fréquent aujourd’hui, à l’heure où la mode vintage a réintroduit la répétition des motifs géométriques dans la décoration (tissu, ameublement, revêtements).

image des trous represente trypophobie crainte irrationnelle d’objets ou d’images de groupe de trous

Cette aversion n’est toutefois pas fréquente, au moins dans la forme intense et invalidante. En revanche, certains patients présentant une phobie de serpents qui étaient particulièrement sensibles aux motifs géométriques ou à la couleur de ces motifs graphiques sur la peau du serpent.

Le terme trypophobie lui-même est assez récent. Le phénomène a toutefois été l’objet de quelques travaux de recherches récents. Certaines recherches tentaient de déterminer si l’inconfort lié aux stimuli trypophobes était fondé sur leurs caractéristiques visuelles ou sur l’association inconsciente avec le serpent. Les résultats ont montré que la phobie survient en partie parce que les stimuli inducteurs partagent des caractéristiques visuelles avec des organismes dangereux (serpent). Les « trypophobiques » ne sont pas conscients de cette association, la réaction de fuite n’est pas rationnelle, pour cause, elle est inconsciente.

Comment la trypophobie se manifeste-t-elle ?

Classiquement la phobie se manifeste par des poussées d’angoisse pouvant aller parfois jusqu’à une attaque de panique. Parmi les symptômes, nous trouverons par exemple un sentiment d’oppression ou d’étouffements, une sensation de malaise, sentiment de faiblesse, sensation de cœur qui va vite (tachycardie,  palpitations), un engourdissement ou des picotements.

La trypophobie pourtant se manifeste plutôt par une aversion et un sentiment de dégout que par la peur intense. Elle peut donc donner des frissons, un sentiment de fragilité, de malaise.

D’où vient cette peur surprenante ?

Certains travaux de recherche ont pu montrer que les motifs trypophobes déclenchent automatiquement une attention visuelle. Cette vigilance particulière a été expliquée par l’association qui peut être faite entre les serpents ou autres animaux venimeux et les motifs trypophobes. Les chercheurs ont conclu que l’inconfort ressenti envers les images trypophobes pourrait être une réponse instinctive à leurs caractéristiques visuelles. Cette réaction aurait donc le rôle d’alerte face au danger potentiel (formes trypophobes évoque les serpents venimeux donc le danger). L’aversion induite par les images trypophobes reflèterait une menace ancestrale et aurait valeur de survie : fait fuir le danger.

Cette hypothèse de l’origine de trypophobie semble de nature à expliquer partiellement sa survenue chez certaines personnes.  Tout le monde n’en souffre pas pour autant. Nous ne pouvons donc pas nous satisfaire en donnant une réponse unique pour tous. Comme pour toutes les phobies, il faut donc tenir compte des aspects subjectifs dans la formation des symptômes. En effet, une image peut en cacher une autre, selon les associations inconscientes. La formation du symptôme peut passer par le mécanisme du déplacement : une représentation vient à la place d’une autre pour cacher les conflits ou les désirs interdits. Il s’agit de trouver avec le sujet qui présente ce symptôme, la signification profonde, parfois inconsciente de l’objet ou de la situation phobogène.

Les images de trous ou des motifs géométriques sont parfois assimilées à une une intrusion.  Chez certains les conglomérats de petits objets peuvent inspirer du dégout par l’association avec la contamination ou l’envahissement.

Comment soigner la trypophobie ?

Si les symptômes de trypophobie sont handicapants, un traitement médicamenteux ou une psychothérapie peut aider.

Parmi les traitements médicaux, les antidépresseurs servent dans certaines situations. En effet, les symptômes phobiques s’inscrivent fréquemment dans un état dépressif.

Les anxiolytiques peuvent être utilisés ponctuellement pour gérer l’angoisse provoquée par le stimulus phobogène trop handicapant.

L’hypnose ou les thérapies cognitivo-comportementales(TCC)  permettent de gérer l’anxiété dans les situations phobogènes. Les TCC utilisent entre autres la technique de la confrontation, dans un cadre rassurant, à l’objet ou à la situation phobogène. L’exposition régulière et progressive augmenta la capacité du patient à se confronter à l’objet phobogène en réduisant la peur qu’il ressent.

Les aménagements phobiques

Il faut souligner le fait que les aménagements phobiques peuvent apparaitre au sein de différents types de fonctionnement psychique. Les symptômes phobiques peuvent s’inscrire dans un fonctionnement névrotique (hystérophobique ou phobo-obsessionnel) ou dans un fonctionnement psychotique.  En effet, certaines phobies atypiques peuvent accompagner une entrée dans la schizophrénie. C’est donc le contexte dans lequel s’inscrit le symptôme phobique qui sera déterminant pour choisir l’approche psychothérapeutique ou/et le traitement médicamenteux pour soigner la personne qui souffre.

L’élaboration de moyens de défense plus adaptés et plus opérants est possible dans des psychothérapies qui proposent une approche plus large et plus profonde, de type psychothérapies integratives ou psychodynamiques. Elles permettent de comprendre la signification profonde de l’angoisse provoquée par les images trypophobes. L’origine de cette angoisse doit faire objet d’une analyse. C’est alors que les éléments qui ont conduit à la formation des symptômes pourront être mis en évidence. Une fois compris, la signification peut est reprise dans le travail psychothérapique afin de favoriser le processus de la maturation. Le patient acquiert de la distance par rapport aux objets phobogènes et progressivement reprend confiance dans ses capacités et son angoisse baisse en conséquence. Un retour à des états émotionnels plus calmes est alors possible.

 

La trypophobie – qu’est-ce que c’est ?

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