Épuisement  professionnel

Comment reconnaitre le syndrome d’épuisement professionnel ?

Il n’est pas toujours facile de poser le diagnostic du syndrome d’épuisement professionnel, surtout dans les premières phases. Tout d’abord, un grand nombre des symptômes ne sont pas spécifiques au syndrome d’épuisement professionnel et apparaissent dans de multiples autres contextes. Ce diagnostic est d’autant plus compliqué que les personnes concernées ont tendance à banaliser leur souffrance et à vouloir contrôler l’incontrôlable. Ce processus peut durer jusqu’à ce que l’incendie intérieure consume toutes les ressources entraînant l’effondrement des défenses.

Le syndrome d’épuisement professionnel

 

homme en etat d'épuisement professionnel

Comment se manifeste le syndrome d’épuisement professionnel ?

Il existe trois phases dans le développement du syndrome d’épuisement professionnel. Chacune présente des manifestations cliniques bien distinctes.

D’abord, un épuisement émotionnel, physique et psychique, qui avance de manière insidieuse. La personne ne se rend pas compte du processus en cours ou l’attribue à autre chose. Elle lutte pour faire face à la surcharge de travail, multiplie les efforts dans une sorte de surengagement au travail. Elle repousse les limites de sa résistance jusqu’à s’effondrer d’un coup. Cet écroulement peut prendre la forme d’un pétage de plombs.

Les éléments précurseurs de l’épuisement professionnel

Il existe donc quelques éléments précurseurs du syndrome d’épuisement professionnel, malheureusement fréquemment banalisés par l’intéressé, raison pour laquelle, la phase d’incendie, qui ravage tout, surgit brutalement. Mais en amont, le processus opère de manière lente. La personne est très engagée dans son travail, très productive, elle idéalise son travail ce qui reste en dissonance émotionnelle et cognitive avec le sentiment de non-sens que ce travail lui procure.

Un certain nombre de signes doivent alerter :

Sur le plan psychique : des angoisses, une majoration de l’anxiété, des difficultés de concentration et de mémoire, une certaine irritabilité…

Et leur traduction somatique : la fatigue, les insomnies, les troubles digestifs et gastro-intestinaux (dyspepsie, reflux, diarrhées…), infections dermatologiques, tension élevée, douleurs squeletto-musculaires et tant d’autres symptômes psychosomatiques.

Souvent, les personnes chez qui le processus d’épuisement est en cours, ignorent ces signes ce qui amène à l’anéantissement de leurs ressources psychique et elles finissent par perdre pied. À force d’avoir essayé de se contrôler, de se dominer, de rester fort… elles brulent toutes leurs ressources et s’épuisent complétement.

La phase d’effondrement

Dans la phase suivante, l’épuisement émotionnel extrême produit un changement brutal chez le sujet. Précédemment très investi dans son travail, il devient subitement désengagé, asséché émotionnellement et sans ressources mentales. Il a un sentiment d’échec et de déception face aux difficultés. La dissonance émotionnelle et cognitive provoque un état d’aliénation. La personne en burn out ressent de la fatigue physique et psychique massive, donc elle ne peut plus fournir aucun effort. Elle ne ressent plus d’émotions et ne ressentant plus aucun plaisir, elle n’éprouve plus aucune motivation.

Elle perd alors tout intérêt pour son travail, ce qui produit un sentiment douloureux d’ennui au travail. Avec un travail qui ne donne pas de sens, elle peut fonctionner comme un robot – on parle alors de la déshumanisation. Frustrée, irritable, elle devient cynique envers ses clients, ses patients ou ses collaborateurs. Elle a le sentiment de ne plus être efficace, ce qui lui procure un sentiment de culpabilité très douloureux.

Ce changement correspond à l’effondrement psychique qui s’opère dans un contexte organisationnel qui place l’individu dans un tunnel. Il s’agit parfois du surmenage, parfois d’un bullshit job, souvent du harcèlement. Les facteurs organisationnels créent un déséquilibre chez l’individu qui doit s’en défendre. Les mécanismes de défense utilisés dans ce contexte éprouvant, voir maltraitant, sont très couteux sur le plan de l’énergie psychique, ce qui amène à un état d’épuisement professionnel.

Le burn out peut aboutir à une phase de dépression majeure, lorsque l’état de fatigue, de démotivation, les sentiments négatifs se généralisent à d’autres domaines (extra professionnels) de la vie du sujet. Il mène aussi souvent au développement des d’addictions : les personnes en souffrance professionnelle recourent à l’automédication par les psychotropes, le cannabis, l’alcool.

Quels sont les facteurs de risque ?

Certaines personnes sont plus exposées.

Les anxieux, les personnes qui ne sont pas capables de dire non aux autres ni à soi-même, de se poser des limites, de prendre soin de soi.

Mais c’est surtout le contexte organisationnel, par des techniques déshumanisantes et un discours violent, qui sont un facteur de désorganisation psychique de l’individu.

Les entreprises recourent à de multiples moyens de pressions destinés à augmenter l’efficacité des individus. Ces stratégies produisent la destruction progressive de l’équilibre psychique des individus.

es manières. Notamment, le télétravail favorise l’épuisement professionnel par l’isolement qu’il impose ou encore par la déstructuration des rythmes.

La prise en charge, le psychologue, la psychothérapie

La prise en charge dépend de l’état d’avancement du processus. La psychothérapie peut intervenir dans chacune des trois phases. En toute indépendance, le psychologue peut jouer un rôle important dans l’analyse, des risques psychosociaux en entreprise.

Pour éviter l’épuisement, il est important de respecter les frontières entre la vie professionnelle et la vie personnelle. Un psychologue peut aider à reconnaitre la confusion délétère entre ces deux sphères et apprendre à l’éviter.

L’aide d’un professionnel est efficace dès les premiers signes afin d’analyser la situation et prendre de la distance. Le psychologue aide le sujet  à apprendre à poser ses limites sans culpabiliser ni agresser l’autre.

Avec l’aide d’un tiers il est plus aisé de se mettre en retrait des situations de surmenage ou de harcèlement et de se recentrer sur ses ressentis, ses propres besoins.

Exprimer ses émotions dans une thérapie permet de prendre conscience que quelque chose de grave est en cours.

Si l’effondrement a déjà eu lieu, le sujet épuisé est désorganisé. Ses défenses sont détruites et il doit impérativement arrêter le travail. La personne présentant le syndrome d’épuisement professionnel n’a d’ailleurs point d’autre choix. Elle est souvent incapable de fonctionner, et doit parfois être hospitalisée. En tout cas, elle est incapable de retourner travailler. La guérison peut être longue. Il vaut donc mieux prévenir que réparer les dégâts causés par l’épuisement professionnel.

La guérison

La guérison passe par la restauration des mécanismes de défense et d’une image de soi souvent dégradée.

Après l’effondrement professionnel effectif, la psychothérapie peut aider la personne à se reconstruire, à retrouver les repères identitaires, le sentiment d’exister, à retrouver le sens de l’existence.

La sensibilisation au fait que différents symptômes somatiques peuvent traduire des processus psychiques sous-jacents peut permettre d’éviter l’épuisement professionnel. C’est là qu’un psychologue peut nous aider, en amont, à détecter les processus d’épuisement en cours.

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