La psychothérapie dans la prise en charge de l’alcoolisme

Quel est le rôle de la psychothérapie dans la prise en charge de l’alcoolisme ? La psychothérapie s’inscrit dans les soins pluridisciplinaires des addictions en générale et de l’alcoolisme en particulier. La prise en charge psychothérapeutique essaiera d’aller au-delà de l’obtention de l’abstinence. Elle cherche à obtenir un niveau satisfaisant de mobilisation du narcissisme pour engager le patient dans un travail d’élaboration psychique. Cette dernière permet de trouver d’autres solutions permettant d’échapper à la souffrance psychique et au sentiment de malaise.

Il s’agit tout d’abord de restaurer, réactiver, ranimer ce qui vient à manquer. Viser l’abstinence sans tenir compte de la douleur psychique qui sous-tend la conduite alcoolique comporte un risque de transformer le symptôme en son contraire. Ces conceptions théoriques constituent une trame sur laquelle se déploient le travail clinique. Les méthodes du travail du psychologue à plusieurs étapes de la prise en charge se construisent sur ces théories.

La psychothérapie dans la prise en charge de l’alcoolisme

Lors de la psychothérapie nous élaborons différents points de vulnérabilité :

La dépendance affective liée aux expériences abandonniques, très fréquents chez les patients alcooliques;

L’ambivalence – très présente, et notamment l’ambivalence par rapport aux soins;

Les blessures narcissiques;

Des tendances sadomasochiques…

L’élaboration du projet de soin et la psychothérapie dans la prise en charge de l’alcoolisme

Souvent le patient entreprend la démarche de soin  sous la pression du médecin ou de l’entourage familial. Parfois la démarche s’inscrit dans une obligation professionnelle ou dans une injonction de soin. En effet l’alcoolique reste déchiré entre un besoin impérieux de boire en excès et la nécessité d’arrêter sous peine de mort.

Le travail de psychologue en psychothérapie consiste à soutenir le patient dans cette démarche.  Tout d’abord, le psychothérapeute accompagne le prise de conscience, qui ne constitue que la toute première étape du travail.

Prendre en compte l’ambivalence

Les démarches volontaires sont donc ambivalentes et parfois contradictoires. Comment pourrait-il en être autrement? Le sujet tente de se séparer du produit qui le soutient dans son existence et dont il est dépendant. Dans bien des cas, le patient considère l’abstinence comme finalité d’une démarche dont il n’est pas le sujet.

Souvent, il attend une solution miracle, un produit qui le débarrasserait du symptôme. Ce produit miracle aurait alors la même fonction que l’alcool : soulager, anesthésier la souffrance psychique.

L’alcool est une réponse à la souffrance, la vie semble impossible sans alcool, et en même temps l’alcool la rend encore plus insupportable. Ce paradoxe sous-tend l’ambivalence de l’alcoolique par rapport au soin.

Le sevrage – une des étapes possibles dans le traitement de la dépendance à l’alcool

Le sevrage est souvent un moment douloureux, une épreuve physiologique et psychologique. En effet, le syndrome de sevrage, selon les individus, peut se manifester par des troubles psychologiques et physiologiques importants.

Le sevrage hospitalier

Si le terme “sevrage renvoie à la petite enfance, le soin lors du sevrage appelle le modèle du soin maternel : La prise en compte des besoins du patient par les procédés évoquant les handling et holding et object presenting sont appliqués par les équipes soignantes. Ces techniques permettent de constituer un contenant bienveillant. L’hospitalisation donne un cadre suffisamment solide, notamment grâce aux médicaments et à l’entourage par l’équipe, assure une certaine sécurité. Cette dernière est nécessaire pour mener à bien le projet de la démarche potentiellement traumatique. L’accompagnement psychologique lors de l’hospitalisation, les entretiens, les ateliers proposés, contribuent à la création de ce contenant à l’intérieur duquel le patient pourra engager un travail d’élaboration de sa problématique.

Le sevrage ambulatoire
Le sevrage d’alcool peut être effectué en ambulatoire avec un accompagnement médical et psychologique. Pendant ce temps de sevrage l’utilisation de médicaments permet de supporter les symptômes de manque. Un soutien psychologique est nécessaire et permet de travailler  la demande et la motivation. Repérer des éléments de l’histoire du patient qui semblent importants dans son fonctionnement psychique, ou à partir desquels on peut appuyer la démarche.
Après une “rechute, il s’agit d’aider le patient à en comprendre le sens, à l’accepter sans culpabilité.

La suite du traitement : post-cure, suivi régulier de soutien, psychothérapie de soutien

thérapie de groupe psychothérapie dans la prise en charge de l’alcoolisme

Au cours de cette troisième période, le suivi est mis en place: consultations, psychothérapie, fréquentation de groupes d’entraide, et éventuellement un séjour en post-cure.

La psychothérapie vise aussi à renforcer la confiance en soi du patient. La honte du regard des autres que l’alcoolique ressent dans la rencontre, exige en tout premier lieu la restauration narcissique du patient. La psychologue s’attache à découvrir ce qui fonctionne chez le patient afin de l’investir et le maintenir et à entamer la réflexion sur des causes internes de sa détresse.

Psychothérapie dans la prise en charge de l’alcoolisme

Dernière mise à jour le 28 novembre 2021

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