La fatigue à vivre le confinementfemme assise au bord de la fenêtre illustre la fatigue liée au confinement

Pourquoi autant de fatigue à vivre le reconfinement?

Le confinement provoque énormément d’effets négatifs. D’une part la peur de la maladie mais aussi la crainte de voir sa situation économique se dégrader sont extrêmement angoissantes.

D’autre part, la limitation voire l’impossibilité d’échanges sociaux freine les possibilités d’expression émotionnelles et chacun gère ses émotions à l’intérieur de sa psyché. Chacun gère le trop-plein des émotions  avec ses moyens propres, souvent sans étayage aucun. Des limitations graves de nos activités font qu’une partie de notre énergie instinctuelle ne peut plus se dégager au-dehors. Forcement cela nous force à une retenue nocive et couteuse pour l’économie psychique.

Ces situations pénibles nous frappent de plein fouet, sans échappatoire et de surcroit dans la durée.

 

La lassitude

La lassitude c’est le sentiment de ne plus en pouvoir. Lasses de notre quotidien appauvri, privé de fête, privé de culture, d’échanges affectifs et de bons moments avec des amis nous nous enlisons dans la fatigue. Nous sommes privés de presque tout sauf du travail et de la télévision qui est là pour maintenir la confusion et l’angoisse.

Le sentiment d’impuissance contribue à l’épuisement

De plus, ces nombreuses interdits et la privation de liberté provoquent un sentiment d’impuissance.

Les personnes soumises à ce régime depuis plusieurs mois ont épuisé leurs ressources mentales. Leurs forces ont cédé et elles n’arrivent plus à tenir le coup. Le sentiment de fatigue est le témoignage d’un renoncement et d’un retrait.

Le confinement, et de manière plus générale l’ambiance instaurée par les autorités et les médias, ont provoqué des conséquences qui vont au-delà de la fatigue. Cette situation traumatisante a provoqué la décompensation de l’équilibre psychique chez de très nombreuses personnes.

Depuis quelques mois nous observons une montée de l’angoisse, de la détresse, de la douleur psychique, de dépressions et l’augmentation du nombre et des suicides qui en résulte.

La confusion dans les informations, la désinformation depuis le début de la crise ont fait perdre la confiance par rapport aux autorités ce qui provoque le sentiment d’abandon. Ne pas pouvoir faire confiance aux gens qui nous gouvernent est très angoissant.

Le monde dans lequel nous vivons actuellement est perçu comme hostile, la peur de la maladie et les relations perturbées sont la source du vécu de mal-être et de la fatigue de vivre.

La fatigue à plusieurs niveaux

La fatigue peut se ressentir au niveau mental ainsi qu’au niveau physique, et particulièrement musculaire. Le physique et le mental sont deux niveaux d’expression de l’affaiblissement liée au fait que trop d’énergie a été utilisée.

Elle est une des manifestations somatiques fonctionnelles au même titre que les insomnies, les algies, les tremblements ou encore les crises de tachycardie.

Les annonces catastrophistes provoquent un effet nocebo : quand on vous dit tous les soirs à la télé et cela pendant des mois que vous allez mourir, ça vous rend forcement angoissé. Les quantités d’énergie très importantes sont alors utilisées à lutter contre cette angoisse.

Pour prévenir la fatigue il faudrait donc arrêter de parler de la guerre car ça fait monter le niveau d’anxiété. Il serait plus sage de chercher à réduire le stress, de rassurer la population, d’apaiser les angoisses. Un discours officiel calme serait très utile pour notre équilibre psychique.

Quels sont les risques de la fatigue mentale chronique

Tout d’abord, la fatigue implique l’affaiblissement du système immunitaire et donc une santé défaillante – nous devenons donc plus fragiles face aux maladies et face aux virus.

D’autre part, la fatigue mentale et intellectuelle est très handicapante pour nos performances à l’école ou au travail mais également dans nos vies personnelles. Elle peut se manifester sous forme d’irritabilité et d’instabilité émotionnelle et ainsi jouer sur notre capacité à gérer nos relations affectives, amicales, sociales…

La désorganisation de l’équilibre mental amène une diminution du potentiel productif, le travail ou l’école peut alors ennuyer et la fatigue enlève souvent toute envie de travailler.

La fatigue provoque aussi la réduction des capacités de concentration et de mémoire.

Lorsque nous sommes fatigués, nous n’arrivons plus à penser !

Elle peut aussi causer des maladresses, des troubles de l’équilibre et de la vision, et donc des accidents.

Une personne fatiguée a l’impression que tout nécessite un immense effort et, en conséquence elle aura tendance à procrastiner. La fatigue favorise donc le désinvestissement et le manque de satisfaction.

D’autres conséquences de la fatigue qui s’est installé durablement sont : l’augmentation de conduites addictives et des troubles du comportement alimentaires (TCA) qui servent à lutter contre les émotions négatives, ainsi que la baisse du désir sexuel.

La fatigue c’est quoi ?

Les conditions de la vie quotidienne peuvent provoquer des états de fatigue physique ou mentale transitoire chez tout un chacun. Il s’agit alors de la fatigue dite « normale » qui se dissipe après un repos.

Lorsque la fatigue devient persistante voire chronique, écrasante, lorsqu’elle nous envahit, elle constitue un syndrome clinique rattachée principalement à la dépression.

 

La définition de la fatigue mentale

Nous définissons la fatigue comme une sensation d’être exténué, avec un sentiment pénible d’affaiblissement. Elle est accompagnée par une certaine passivité, un ressenti asthénique et parfois par une sorte d’apathie. Cet état suscite un besoin de repos.  Mais paradoxalement, dans la fatigue psychique, le désir de repos coexiste fréquemment avec un refus de la passivité.

La fatigue est l’expression d’une dépense énergétique excessive. Elle est due à l’épuisement de la force mentale utilisée à gérer une grande quantité des stresseurs.

La fatigue se place parmi les symptômes qui désignent des réactions émotionnelles et physiques dues aux dangers et aux circonstances de vie difficiles. Cette sensation persistante de fatigue et d’épuisement, appelée autrefois « neurasthénie ». Le symptôme de la fatigue vient révéler en négatif ce qui se joue sur la scène psychique : l’angoisse et l’hyperactivité. On peut donc dire que l’énergie psychique est utilisée pour lutter contre angoisse. Ce qui explique la difficulté à trouver le repos, et notamment à s’endormir, le sommeil étant chasé par des pensées compulsives.

L’action des forces extérieures

Classiquement, pour les psychanalystes, la fatigue en tant que symptôme est le résultat d’un conflit entre des forces internes : désir et interdit.

Cependant, il ne faut pas négliger l’action des forces extérieures, issues de l’environnement lorsqu’elles épuisent notre énergie mentale qui joue également un rôle important dans la genèse de la fatigue.

Aujourd’hui notre énergie psychique est dépensée à faire face à la « menace »: la menace perçue (pas forcement existante réellement) de la maladie. En effet, les médias, en montrant sans cesse les mêmes images angoissantes de malades en réanimation, des morts, en répétant les chiffres de «cas» provoquent une augmentation d’anxiété. La gestion de cette angoisse est extrêmement couteuse sur le plan d’énergie psychique. D’autant plus que l’angoisse ressentie suscite le refus de se reposer, qui découle du sentiment qu’il faut faire quelque chose pour se protéger, qu’il faut être actif.

 

La fatigue à vivre le reconfinement

Mise à jour le 9 mai 2021

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