La bigorexie – quand le sport devient une addiction

Qu’est-ce que la bigorexie ?

La bigorexie est une addiction au sport, à l’exercice physique et à l’effort. Elle fait partie des addictions comportementales, appelées aussi addictions sans produit. Il s’agit souvent de sports d’endurance (jogging, vélo, natation) ou encore de body building.

Cette addiction concerne aussi bien les sportifs professionnels qu’amateurs. L’addiction au sport peut toucher tout le monde elle reste pourtant rare.

bigorexie

L’addiction naît de la rencontre d’un individu et d’un produit ou une activité donnée, à un moment donné. C’est particulièrement vrai pour l’addiction au sport. Le sport est valorisé aujourd’hui, nous sommes encouragés à le pratiquer pour garder la forme, la ligne, pour prévenir les maladies cardio-vasculaires. La personne qui pratique régulièrement le sport est bien perçue par l’entourage. On peut même parler du culte du corps, qui va d’ailleurs de pair avec le culte de la performance très présent dans notre société.

Pourtant, la pratique intensive du sport peut cacher un vrai mal-être et notamment une souffrance dépressive et des tensions anxieuses.

Les symptômes

La bigorexie se manifeste par un besoin impérieux et compulsif de pratiquer régulièrement et intensivement une ou plusieurs activités physiques en vue d’obtenir un soulagement des tensions, et ce malgré des conséquences négatives.

Comme dans toutes les addictions, les personnes addictées développent un syndrome de manque en cas de d’arrêt d’activité physique. Elles ont la sensation de manque, elle ressentent de la tristesse et deviennent  irritables. Exactement comme dans le cas d’addiction à l’alcool ou à une autre substance, le cercle vicieux s’installe petit à petit. Plus ils font du sport et plus ils vont mal, et plus ils doivent faire du sport.

Les risques 

Les conséquences négatives peuvent être physiques : contusions et blessures, fatigue extrême.

Elles peuvent aussi être psychologiques et sociales. La famille, les relations sociales même les études ou le travail sont délaissés. Cela peut amener à l’isolement social.

La bigorexie est souvent liée aux troubles du comportement alimentaire. Les sujets addicts au sport font extrêmement attention à ne pas prendre du poids, réduisent leur alimentation. Le plus souvent il s’agit d’une orthorexie qui se caractérise par une obsession de manger sainement. Les régimes amaigrissants servent à augmenter les performances. En effet, les compulsions de contrôle à travers l’exercice et à travers la nourriture sont également en lien avec les troubles dépressifs sous-jacents. Ces régimes provoquent parfois des dérapages sous forme de compulsions alimentaires.

Lorsque la personne prend des risques, lorsqu’elle s’isole, lorsque le sport empiète sur la vie familiale ou professionnelle, c’est le moment de s’aider.

Consulter un psychologue

Prendre conscience de son addiction est une première étape, souvent difficile à franchir car les addicts restent dans le déni.

Consulter un psychologue, un psychiatre, en fonction de la sévérité des troubles et aussi de la difficulté qui les sous-tend.

La psychothérapie est adaptée à chaque personne car chaque patient a ses singularités. Mais généralement, il existe plusieurs phases dans une psychothérapie. Dans une première phase, lorsque le sujet a reconnu sa difficulté, le processus est centré sur la recherche des sources de la souffrance. Il faut connaitre les sources pour pouvoir soigner.

Il n’y a pas de produits de substitution pour l’addiction au sport. Toutefois, dans certains cas les antidépresseurs aident à soigner la dépression sous-jacente, lorsqu’elle est vraiment handicapante et empêche de soigner l’addiction.

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