Troubles du sommeil

Nous sommes plusieurs fois dans notre vie confrontés aux troubles du sommeil.

Les troubles du sommeil sont souvent tolérés car considérés comme inévitables, presque« normaux » ou, au contraire, très mal tolérés et entraînant alors la consommation régulière de somnifères ou d’autres produits psychotropes (alcool, cannabis…)

 

Dans les bras de Morphée

Le sommeil, le rêve, l’endormissement sont  étroitement liés à notre activité psychique qui continue pendant le sommeil notamment à travers le rêve. Freud suggérait que nos renonçons au sommeil par peur des rêves.

Pour se rendre dans les bras de Morphée nous avons besoin de désinvestir la partie de cette activité liée au monde extérieur. L’endormissement nécessite un certain repli sur soi et sur son propre monde intérieur. S’abandonner au sommeil suppose une certaine régression et  accepter cette régression n’est pas facile lorsque notre monde intérieur manque de sécurité. La phase d’endormissement est alors perturbée par une excitation psychique qui provoque une montée d’angoisse et des pensées compulsives.

Ces troubles qui chassent le sommeil

Insomnies, parasomnies, dysomnies, terreurs nocturnes, somnolence diurne, perturbations du rythme circadien apparaissent dès la naissance. Ces nourrissons qui ont tant besoin d’être bercés, portés, câlinés pour s’endormir se transforment en adultes insomniaques, somnambules ou cauchemardants.

L’insomnie ou le mauvais sommeil fragilise notre résistance et joue sur la qualité de notre fonctionnement dans la journée provoquant une fatigue, une irritabilité, troublant l’humeur, la concentration et la mémoire.

L’insomnie se manifeste par :

– des difficultés d’endormissement,

– des réveils nocturnes,

– des réveils précoces, trop tôt le matin,

– un sommeil non récupérateur.

Les causes de l’insomnie peuvent être physiologiques (maladies), environnementaux  (bruit) et psychologiques. Ces dernières dont l’ anxiété, la dépression, les traumatismes peuvent être influencés et neutralisés par un travail psychothérapuetique.

Parasomnies

Ce sont des phénomènes aigus qui interrompent le sommeil de manière épisodique. Parmi les plus fréquents, notons les terreurs nocturnes,  le bruxisme, le somnambulisme.

Terreurs nocturnes

Il s’agit de crises hallucinatoires brèves qui peuvent être accompagnées de cris, de gesticulations et qui sont en fait des crises d’angoisse.

Somnambulisme

Les terreurs nocturnes peuvent s’accompagner ou être suivies de déambulations. Ces manifestations comportementales témoignent d’une angoisse extrême qui ne peut être contenue au sein de l’appareil psychique et est évacuée sur le plan moteur.

Retrouver le sommeil

Ainsi le sommeil est un aspect essentiel de notre fonctionnement mental qui joue également un rôle important pour la santé physiologique et son manque peut endommager les deux. Il permet à notre corps et à notre esprit de recharger l’énergie et de gérer les événements de nos vies.

La psychothérapie peut être une méthode efficace pour soigner les troubles du sommeil et aider ainsi les personnes à surmonter leurs problèmes de sommeil. Votre thérapeute peut vous aider à explorer les problèmes sous-jacents qui sous-tendent les problèmes du sommeil. Il aide à examiner les facteurs potentiellement responsables de difficultés d’endormissement.

La psychothérapie peut s’enrichir des techniques de relaxation qui peuvent vous aider à vous laisser abandonner à Morphée. Enfin, et ce n’est pas le moins important, la psychothérapie aide à surmonter les problèmes d’anxiété et de dépression qui sont des causes principales des problèmes de sommeil.

Troubles du sommeil chroniques

Nous avons tous occasionnellement quelques difficultés à nous endormir, particulièrement avant les événements qui nous stressent, par exemple avant un examen ou la veille du mariage.  Nous avons fait l’expérience de l’insomnie lors des passages difficiles de la vie et heureusement nous  retrouvons le sommeil réparateur dès que les problèmes disparaissent. Le sommeil est très sensible aux fluctuations des émotions provoquées par les événements de vie ou par les conflits internes. L’insomnie devient handicapante lorsque les troubles du sommeil se succèdent et deviennent chroniques.

 

Les problèmes de sommeil peuvent également indiquer des problèmes plus graves. Par exemple, la dépression, l’anxiété, le stress peuvent entraîner des problèmes de sommeil persistants. Cela peut conduire à un cercle vicieux dans lequel les personnes deviennent de plus e plus angoissées par le manque de sommeil, ce qui en retour les empêche de s’endormir. Lorsque cette situation se prolonge, elle peut entraîner ou aggraver la dépression.

La jeune fille endormie, Egone Schiele-

Egon Schiele, La jeune fille endormie

La Journée du Sommeil 2019, le 15 mars est l’occasion de rappeler que les troubles du sommeil sont intimement liés aux affections psychiques telles que les dépressions et l’anxiété.  Ces facteurs psychologiques provoquent la dégradation du sommeil. Les problèmes d’insomnie, d’endormissement et de réveils nocturnes sont même parmi des symptômes caractéristiques des états anxieux et dépressifs.

Plusieurs personnes dépressives et anxieuses ne peuvent dormir seules ou en dehors de chez elles. Elles font souvent des cauchemars ou des mauvais rêves. Leur sommeil est insatisfaisant, peu réparateur et elles manquent d’énergie au lever.

Les personnes anxieuses et dépressives mettent plus de temps à s’endormir, à atteindre un sommeil stable et ont une durée d’éveil nocturne plus importante. En conséquence, elles dorment moins longtemps. En plus, même lorsque le nombre d’heures de sommeil est suffisant, le processus du sommeil est perturbé. Elles dorment moins profondément et se réveillent fatiguées.

Nous pouvons tous, après ou avant une journée stressante, la veille d’un événement important (mariage, examen) ou suite à un traumatisme psychique (décès d’un proche, licenciement, divorce), avoir des difficultés à trouver le sommeil. Mais les anxieux et les dépressifs ont systématiquement du mal à s’endormir en ruminant les idées noires ou angoissantes.  De plus, lors des épisodes dépressifs, la personne présente des réveils précoces, dès 3 heures du matin avec des difficultés à se rendormir.

Certaines personnes en dépression souffrent d’hypersomnie qui se caractérise par un besoin excessif de sommeil qui n’est pas pour autant réparateur et la fatigue – un autre symptôme de dépression – ne disparait guère suite à ce sommeil.

Il est important d’identifier ces troubles du sommeil comme étant des symptômes de l’anxiété ou de la dépression. Il convient d’adapter  la prise ne charge pour soigner le fond, à savoir l’anxiété ou la dépression qui causent les problèmes de sommeil et ne pas limiter le traitement aux somnifères censés pallier les troubles du sommeil.

Morphée de Jean Antoine Houdon
Morphée de Jean Antoine Houdon