Phobies

Les phobies sont une des manifestations de l’anxiété.

Phobie

La phobie est une crainte irrationnelle, injustifiée d’une situation, d’un objet. La personne souffrant de la phobie reconnaît le caractère illogique de sa crainte.

Il ne suffit pas d’avoir peur pour être phobique

En soi la peur n’est pas un phénomène pathologique. L’homme a besoin de sentir la peur lorsqu’il est confronté à un réel danger. Sans la peur l’homme n’aurait pas survécu.  Nous vivons tous des situations dangereuses ou stressantes qui provoquent un sentiment de peur ou de panique. Lorsque l’angoisse apparaît dans une situation de danger réel, elle est utile car elle sert de signal d’alarme nous permettant de nous préparer au danger et de le maîtriser.

La phobie n’est pas une simple peur. La phobie est une peur irrationnelle, injustifiée. Elle sert de stratégie pour gérer l’angoisse qui résulte d’un conflit pulsionnel insoutenable. Cette stratégie inconsciente déplace l’affect d’angoisse intérieure sur une cause extérieure, un objet ou une situation. L’angoisse liée à un conflit interne est projetée dans la réalité extérieure. L’angoisse se trouve liée à un objet qui rationnellement n’est pas dangereux. Le sujet phobique reconnait le caractère déraisonnable de sa peur.

Voici les symptômes le plus fréquents de la phobie :

La personne souffrant de la phobie névrotique* garde la conscience du caractère excessif et irrationnel de l’angoisse qu’elle ressent face à l’objet phobogène.  Cependant, elle ressent automatiquement et de manière incontrôlable une peur panique. En conséquent, elle applique systématiquement et soigneusement des stratégies d’évitement** de l’objet ou de la situation phobique. Lorsque la confrontation ne peut être évitée, la personne souffrant de phobie ressent une montée d’angoisse pouvant attendre le niveau de crise d’angoisse, avec plusieurs symptômes neurovégétatifs, tels que :

Difficultés respiratoires, douleur thoracique, sentiment d’oppression ou d’étouffements,

Tremblement, accélération du rythme cardiaque (tachycardie), palpitations,

Engourdissements et picotements

Transpiration ou frissons

Nausées et  vomissements

Sentiment de faiblesse et de fragilité

Ces symptômes accompagnent une peur de perdre le contrôle, de devenir fou ou de mourir.   Afin de ne pas vivre ces moments insupportables de crainte pour son intégrité physique ou psychologique, la personne phobique prend des mesures, parfois extrêmes, d’évitement de l’objet ou de la situation redoutés.  L’évitement systématique provoque renforcement de l’angoisse phobique et l’aggravation de la maladie. Il arrive que la seule évocation de l’objet craint ou la pensée déclenche une forte réaction d’anxiété avec son cortège de symptômes.

Parmi les phobies le plus complexes

Phobie sociale

Phobie scolaire

L'évitement phobique

Un cercle vicieux

** Un évitement systématique des situations phobogènes peut entraîner dans certaines phobies des difficultés relationnelles,  sociales, professionnelles.

Par exemple, la phobie scolaire empêche l’enfant ou l’adolescent de se rendre à l’école sous peine de ressentir les symptômes d’angoisse très handicapants. La conséquence de cet évitement et la déscolarisation et souvent  l’arrêt de l’éducation.

Si vous souffrez d'une phobie intense avec quelques-uns parmi ces symptômes, vous pouvez bénéficier d'une psychothérapie.

Se mettre brutalement en situation face à sa phobie, est-ce un remède efficace ?

Se mettre brutalement face à la situation phobogène peut être traumatisant et aggraver les symptômes. Il existe des techniques cognitivo-comportementales qui apprennent aux sujets souffrant de leur manifestation d’anxiété à mieux la gérer, en les exposant de manière progressive à des situations angoissantes.

Il est plus difficile de soigner les phobies complexes comme la phobie scolaire ou phobie sociale et la question de ne pas s’exposer à la situation phobogène est infiniment plus délicate lorsqu’il s’agit d’aller ou ne pas aller à l’école.

Une phobie surmontée peut-elle se réveiller à nouveau ?

Lorsqu’une phobie traduit une crise psychique profonde, la disparition du symptôme peut être temporaire, il peut alors réapparaître sous la même forme ou une forme différente.

Quelles sont les phobies le plus récurrentes ?

Certaines phobies sont plus souvent rencontrées dans les cabinets de psychothérapies car elles sont plus handicapantes et amènent les sujets à consulter. Les plus fréquentes et les plus handicapantes sont les phobies sociales qui empêchent de communiquer, de nouer les relations sociales, de progresser dans la carrière professionnelle. On comprend que les personnes ainsi bloquées demandent de l’aide. On peut en dire autant de l’agoraphobie (phobie de la foule), de la peur des espaces clos qui peut être un obstacle important dans la vie car empêche de prendre l’ascenseur, de monter dans un train, de descendre dans le métro.

Les phobies des animaux, fréquentes chez des jeunes enfants, persistent souvent et se rencontrent notamment chez la femme : peur des araignées (arachnophobie), peur des souris ou des oiseaux. N’ayant pas beaucoup d’impact dans la vie, ces phobies ne conduisent pas forcement au cabinet de psy. On les observe souvent chez des personnes qui se soignent pour d’autres manifestations de souffrance psychique. D’autres sont plus rares, comme la phobie du vent, ou des objets ou des animaux rarement rencontrés dans le milieu de vie des sujets. Ce n’est pas tant l’objet de la phobie qui est important mais leur implication dans la vie de la personne souffrant de phobie. Les phobies rarement rencontrées dans les cabinets de psychothérapies concernent les objets rarement rencontrés dans leur milieu. Le sujet n’est exposé à l’objet de sa phobie qu’exceptionnellement et s’accommode à sa peur en développant des stratégies d’évitement.

Quelques noms barbares pour nommer les différentes phobies soignées par la psychothérapie

  • Agoraphobie – peur de situations dont il est difficile de s’échapper, comme la foule ou les grands espaces
  • Phobie sociale – crainte persistante des situations sociales et notamment du regard des autres
  • Claustrophobie – phobies des espaces clos, dans lesquelles nous pouvons classer la phobie de l’avion, la phobie du train, la phobie des parkings ou encore la phobie de l’ascenseur
  • Acrophobie – peur des hauteurs
  • Astraphobie – peur panique du tonnerre et de du foudre
  • Coulrophobie – phobie de clowns
  • Emétophobie – peur irrationnelle de vomir
  • Ereutophobie – peur de rougir en public
  • Hématophobie – phobie du sang
  • Mysophobie – peur irrationnelle de la saleté, d’être contaminé par des microbes
  • Trypanophobie – peur des injections
  • Achluophobie – peur irrationnelle du noir, fréquente chez l’enfant. La  phobie du noir peut apparaître chez l’adulte en situation de crise, de burnout, lors d’un deuil difficile.

Plusieurs phobies spécifiques concernent les animaux :

  • Arachnophobie – phobie des araignées
  • Ophiophobie – phobie des serpents est une peur irrationnelle des serpents
  • Cynophobie  – phobie des chiens
  • Ornithophobie – phobie des oiseaux
  • Musophobie – phobie des souris et des rats.

Les phobies dans la névrose

mais aussi dans le fonctionnement limite et dans la psychose

* Les phobies se rencontrent dans le cas des affections psychotiques, par exemple dans la schizophrénie, la conscience du caractère irrationnel de l’angoisse est alors troublée.

Stratégie de gestion de l'angoisse

Quelque soit l’objet de la phobie, le mécanisme qui sous-tend la phobie est le même. Nous pouvons dire que l’objet de la phobie sert à accrocher l’angoisse. Le sujet projette son angoisse intérieure sur un objet qui de ce fait devient dangereux en dépit de toute logique. La phobie sert à gérer l’angoisse que la psyché ne parvient pas à élaborer. C’est la raison pour laquelle ce symptôme est aussi fréquent chez l’enfant.

Les nouvelles technologies, le XXIe siècle en général, a-t-il fait naître de nouvelles phobies ?

La place que les nouvelles technologies ont prise dans notre vie justifie leur apparition dans les manifestations psychopathologiques. Ces nouveaux objets et nouvelles technologies qui sont devenus indispensables et dont nous ne saisissons pas toujours le fonctionnement peuvent susciter des inquiétudes voire de l’angoisse. On peut avoir peur d’un ordinateur, d’Internet, d’un téléphone portable comme autrefois on avait peur de la foudre. Les ondes sont elles dangereuses ? Pouvons-nous être contrôlés à distance à travers les outils de communication, à travers l’internet ? Ces questions sont posées par les scientifiques, par les médias. Elles sont donc aussi posées par des personnes anxieuses qui tout naturellement concentrent leur angoisse sur les nouvelles technologies.

Depuis quelque temps, on parle de la nomophobie (de l’anglais no mobile-phone) peur de perte du téléphone portable. En effet, il s’agit ici plutôt de la dépendance à cet objet que d’une phobie.

Le téléphone nous rassure parce qu’il remplit bien des fonctions au-delà de sa fonction primaire qui était de nous mettre en relation à distance. En tant que l’objet rassurant, calmant et gratifiant il peut “prendre le contrôle” du comportement de son propriétaire.