Soigner l’addiction à l’alcool

Comment comprendre l’économie psychique d’un individu ayant sombré dans l’alcoolisme ? Quels événements de son histoire individuelle infantile ou de ses relations avec l’environnement font précipiter l’alcoolique dans la dépendance ou plutôt le maintiennent dans la dépendance précoce qui était la sienne lors des premiers temps de la vie ? Quel rôle peut avoir le psychologue face aux difficultés du patient alcoolique? Que veut dire soigner un patient alcoolique ?

Les alcoolisations parmi les actes addictifs

dépendance à l'alcool

L’alcoologie au carrefour des plusieurs disciplines

Alcoologie est une discipline nouvelle orientée à soigner l’addiction à l’alcool. La particularité de la prise en charge du patient alcoolodépendant consiste dans la prise en compte de plusieurs facteurs : médical, social, psychologique. Elle nécessite donc la collaboration de différents intervenants.

Le rôle du psychologue : comprendre des problématiques de dépendance

L’objectif du psychologue est spécifique et correspond à une approche et des pratiques qui lui sont propres et qui visent à soigner l’addiction à l’alcool. Pour les médecins, cet objectif est centré sur le symptôme, (la conduite alcoolique pour l’alcoologue, symptôme somatique pour l’hépatologue) alors que le psychologue s’attache à ce qui est sous-jacent à l’addiction à l’alcool. Il existe donc une certaine complémentarité des approches.

Le travail clinique du psychologue s’inscrit dans la réflexion sur la dépendance à l’alcool et sur le processus thérapeutique.  La psychanalyse offre un cadre conceptuel tant dans sa méthode d’élaboration du conflit psychique des patients alcooliques que dans la conception des outils thérapeutiques adaptés à leur psychopathologie.

La conduite alcoolique

La psychanalyse a proposé plusieurs élaborations théoriques de l’alcoolisme. Elles l’incluent dans un regroupement – sous le terme générique d’addictions – d’un vaste ensemble d’entités : les toxicomanies, le tabagisme, le troubles du comportement alimentaire, le jeu pathologique. Ces conceptions soulignent l’aspect transnosographique de la dépendance à l’alcool qui peut apparaître dans chacune des organisations psychopathologiques : névrose, psychose, perversion, fonctionnement limite. De nombreux auteurs se sont attachés à comprendre le sens de la conduite alcoolique et à rechercher la causalité psychique des dépendances : d’une part des causes de l’actualisation du symptôme et d’autre part son origine dans les premières relations du sujet avec son environnement.

Fonction autothérapeutique de la dépendance

Freud a porté relativement peu d’attention à l’alcoolisme, il a tout de même donné au détour de ses écrits quelques éléments de compréhension.

Dans « Deuil et Mélancolie » il propose de comprendre l’ivresse alcoolique’[…] comme une « suppression des dépenses de refoulement, obtenu par des moyens toxiques ». Plus tardivement, dans « Malaise dans la civilisation » en qualifiant les toxiques comme « briseurs de soucis », « méthode chimique », « l’une des plus intéressantes méthodes de protection contre la souffrance, des vrais « échafaudages de secours » Freud reconnaît la fonction protectrice des processus d’addiction.

Ces développements se rapprochent des conceptions récentes dans lesquelles l’alcool, comme d’autres toxiques, aurait un rôle de la « solution prothétiques » contre la douleur psychique permettant au sujet de faire l’économie du travail psychique et de la souffrance psychique.

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