Dépendances

Addictions

La notion d’addiction a été introduite dans la littérature française par la psychanalyste Joyce Mc Dougall dans son ouvrage Plaidoyer pour une certaine anormalité. Le terme de l’addiction vient du latin «ad-dicere» – “dire à”  et en vieux français  il désignait le fait qu’un individu incapable de payer ses dettes se trouvait “adonné” à son créancier.  Ce dernier avait alors le droit de disposer entièrement de sa personne comme d’un esclave. Il s’agit, en quelque sorte, de donner sa personne, son corps en gage pour une dette impayée.

Addictions

L’addiction ou la dépendance c’est une perte de la liberté par rapport à un produit ou un comportement.

Nous pouvons tous fuir parfois dans les conduites qui visent le soulagement ou l’oubli et notamment lorsque les événements dépassent notre capacité de compréhension ou de gestion de tensions… Il nous arrive alors de manger plus, de fumer ou de prendre des médicaments pour soulager la douleur, pour se détendre ou pour s’endormir. C’est lorsque la fuite dans la substance  ou le jeu devient la solution privilégiée face à la souffrance qu’elle devient problématique et peut devenir une addiction.

Le terme d’addiction renvoie à l’assuétude et à ce titre convient particulièrement à décrire les états de dépendance à un produit ou à un comportement qui se caractérisent par la perte de contrôle. Le sujet addict serait l’esclave du produit (alcool, cannabis, héroïne…) ou du comportement (jeu d’argent ou de hasard, Internet…) sans lequel il est en souffrance.

L’addiction c’est la difficulté éprouvée par le sujet à refréner son besoin de se débarrasser aussi rapidement que possible de tout sentiment d’angoisse, de colère, de culpabilité ou de tristesse qui le font souffrir, voire même de sentiments en apparence agréables ou excitants mais vécu inconsciemment comme défendus ou dangereux. Le comportement ou la consommation est une tentative d’effacer des sentiments, des émotions et constitue une promesse très alléchante de trouver le bien-être ou au moins un mieux-être. A partir de la découverte de la solution addictive qui apporte l’apaisement et le soulagement de la souffrance, il devient compulsif de chercher à la retrouver face à toute souffrance psychique. Répétée, cette recherche  irrépressible, frénétique peut mener à la perte de la liberté du sujet par rapport à un produit ou un comportement qui caractérise l’addiction. Quand la prise de substance devient une solution unique contre la tension,  l’addict perd la liberté de s’abstenir, il devient esclave du produit ou du comportement devenu compulsif.

Soigner les addictions

Plusieurs modalités psychothérapiques sont utilisées dans le sois des personnes dépendantes. Parmi elle, la psychothérapie de soutien est particulièrement adaptée. Elle vise à aider la personne qui souffre d’addiction à faire face aux difficultés de vie,  à retrouver un fonctionnement psychique plus équilibré. Elle rassure, apaise les symptômes, renforce l’estime de soi et ses capacités d’autonomie. Selon la personnalité du patient et ses objectifs, le psychothérapeute peut utiliser les éléments de différentes techniques psychothérapeutiques :

L’approche psycho-dynamique

La psychothérapie des addictions est basée sur l’approches psycho-dynamique qui permet de prendre conscience de l’influence des conflits inconscients sur notre fonctionnement actuel. Lors de la psychothérapie on chemine vers la compréhension de ces conflits afin de s’en dégager graduellement pour accroître notre liberté de sentir, de penser et d’agir.

L’approche motivationnelle

Elle vient à l’appui de la psychothérapie psycho-dynamique des addictions. Elle permet de trouver les motivations pour l’arrêt ou la réduction.  Elle favorise aussi la reconstruction d’une estime et d’une affirmation de soi.

L’approche cognitivo-comportementale

Elle permet de développer les moyens de repérer les sollicitations qui déclenchent l’envie de consommer ou de jouer… et les moyens d’y résister.

Il n’y a pas de drogués heureux

Addictions

Addiction au cannabis

L’addiction, selon le Dr Claude Olievenstein, naît de la rencontre d’un individu et d’un produit donné, à un moment donné. Parfois, cette rencontre ressemble à un coup de foudre. Elle commence par un enchantement et semble transformer la réalité de manière fulgurante : les tensions psychiques, les angoisses, les problèmes semblent disparaître dans une sensation de bien-être. Mais l’effet du produit ne dure qu’un temps et la désillusion vient vite. A la longue, la réalité ne se transforme qu’en empirant : les problèmes  sont bien là, pour produire l’effet de soulagement, le produit doit être consommé en doses de plus en plus importantes. Le sujet consacre de plus en plus de temps à son addiction, au détriment d’autres activités (travail, études, famille…). Le cercle vicieux s’installe… De plus en plus de consommations, de plus en plus d’argent dépensé, dettes, isolement… “Il n’y a pas de drogués heureux”, tel est le titre d’un bestseller d’il y a plus de 20 ans de Claude Olievenstein.

La rencontre avec l’alcool ou la drogue intervient souvent à l’adolescence. La consommation de substances psychoactives apporte quelque soulagement aux difficultés de la gestation de l’identité et aux risque de la relation à l’autre et notamment la relation sexuelle.

Addictions avec ou sans substance

Nous pouvons devenir addict ou accro  aux substances psychotropes (substances qui modifient l’état de notre conscience) : à l’alcool, au cannabis… mais aussi aux comportements tels le jeu, le sport ou Internet.

Les addictions les plus répandues concernent la cigarette (nicotine) et l’alcool. En dehors de ces substances licites, il existe d’innombrables substances illicites pouvant provoquer l’addiction. Parmi elles le cannabis, l’héroïne, la cocaïne, la morphine, les amphétamines et dérivés de synthèse. Elles ont pour point commun d’agir sur le cerveau et modifier notre fonctionnement psychique, notre manière de percevoir, de sentir et de réagir.

Les addictions aux substances comprennent :
  • Addiction à la nicotine
  • Addiction à l’alcool
  • Addiction au cannabis
  • Addiction à la morphine et aux opiacés
  • Addiction à la cocaïne
  • Addiction aux médicaments psychotropes (barbituriques, benzodiazépines, tranquillisants, analgésiques)
  • Addiction aux amphétamines
Les addictions sans substance les plus fréquentes :

Certains comportements peuvent également provoquer des addictions :

  • Addiction au jeu (de hasard et d’argent, jeu en ligne, pari)
  • Addiction à Internet
  • Addiction aux jeux vidéo
  • Addiction au sport
  • Addiction aux pratiques sexuelles
  • Addiction au travail (les “workaholics”)

Lire plus sur les addictions sans substances

J’accueille  pour une évaluation, une prise en charge brève ou une psychothérapie les adultes et les adolescents qui ressentent une difficulté en lien avec leur comportement addictif.

La prise en charge s’adresse aussi aux parents confrontés aux addictions de leur adolescent ainsi que les personnes co-dépendantes.