Psychose – comprendre et soigner

Le terme de psychose fut introduit au 18è siècle par le médecin autrichien Ernst von Feuchtersleben pour désigner la maladie mentale ou la folie. Il est constitué par le mot grec psychéΨυχή qui désigne l’âme, tout ce qui est mental, et le suffixe ose venant du grec osis qui dénote l’aspect pathologique (comme dans « arthrose » ou « névrose »). Il englobe les affections de l’esprit qui mettent à mal le rapport à la réalité extérieure.

Les symptômes de la psychose

Les processus de pensée sont perturbés, le rapport aux codes sociaux est brouillé et le jugement est altéré. Le patient psychotique peut ainsi voir ou entendre des choses que les autres ne perçoivent pas. Le psychotique ne peut pas faire la différence entre la réalité et le fantasme, entre ce qui existe en dehors et ce qui vient de lui. Cela se manifeste notamment par des hallucinations et par une activité délirante. Les hallucinations et le délire témoignent de l’impossible confrontation à la réalité par trop angoissante.

 

Psychose illustrée par Selfportrait F. Bacon Centre Pompidou, Paris

Selfportrait F. Bacon Centre Pompidou, Paris

Cette désintégration du fonctionnement psychique dans la psychose se manifeste aussi par des troubles identitaires. Le sentiment de soi est troublé et la distinction entre soi et les autres n’est pas constante. Cela provoque des angoisses terrifiantes de morcellement et d’anéantissement qui peuvent amener la personne à commettre des actes violents ou à s’isoler… L’image de soi est troublée : le patient peut se sentir morcelé, damné ou, au contraire, mégalomaniaque. Il se croit alors doté de pouvoirs surnaturels, prétend être l’enfant d’une célébrité ou être lui même un personnage historique.

L’indifférenciation entre soi et l’autre l’amène à se sentir tantôt persécuté, tantôt fusionnel.

Les angoisses psychotiques et les mécanismes de défense

Les angoisses psychotiques sont effrayants et nécessitent le développement de mécanismes de défense particulièrement rigides : le déni, le clivage, l’idéalisation, la projection, l’identification projective, la forclusion. Ces mécanismes de défense peuvent être rencontrés, à différents dégrées, dans toutes les organisations psychiques mais dans la psychose, face aux angoisses massives, ils sont particulièrement mobilisés.

Leur utilisation abusive altère le cours de la pensée et mène dans le cas extrême de la schizophrénie à la dissociation de processus mentaux. À un moindre degré, ces mécanismes de défense garantissent un fonctionnement psychique singulier. Certains patients psychotiques vivent ainsi dans un grand isolement qui les met à l’abri des sollicitations et les protège de la décompensation.

La psychose perturbe le rapport à la réalité extérieure

Le rapport perturbé à la réalité extérieure
Pere Borrell del Caso, Escapando de la crítica, collection Banco de España, Madrid

La difficulté à s’inscrire dans la réalité pousse parfois la personne psychotique à quitter la réalité. Elle s’isole alors, ce qui la mène à devenir socialement marginalisée. Parfois, elle crée sa propre réalité qui remplace celle communément partagée. Les hallucinations et les délires en sont les témoignages. Ces patients sont souvent en grande souffrance psychique. De nos jours, notamment grâce aux neuroleptiques permettant de réduire le niveau d’angoisse, la psychose n’est plus nécessairement une maladie aliénante.

Bien de patients psychotiques travaillent, ont des relations familles et amicales, aménagées certes de manière singulière qui tient compte de leurs angoisses mais qui permet une adaptation et un épanouissement.
D’autres restent plus fragilisés par les angoisses psychotiques de morcellement et d’anéantissement qui les conduisent à des hospitalisations ponctuelles ou plus fréquentes. Leur rapport à la réalité distordu les empêche de développer les relations aux autres suffisamment confiantes pour s’engager dans une vie de couple ou dans une relation amicale. Ils ne peuvent travailler qu’en milieu protégé.

Il existe plusieurs types de psychoses

L’épisode de décompensation psychotique (période pendant laquelle la personne présente les symptômes) peut être bruyant mais court et isolé. On parle alors de bouffée délirante. Chez d’autres, il peut se reproduire laissant apparaître une fragilité durable. Lorsque cette fragilité est associée à la présence d’un délire et d’un syndrome dissociatif, elle témoigne du développement d’un processus schizophrénique.

En fonction des manifestations symptomatiques et de l’évolution, on distingue trois grands types de psychoses :

Psychoses dissociatives, notamment les schizophrénies

Psychoses chroniques au délire systématisé,  notamment  la paranoïa

Psychose maniaco-dépressive

 

Pour tout renseignement, n’hésitez pas à contacter Maria HejnarPsychologue Paris 7

Mise à jour le 12 juillet 2019