Le déni

Le déni désigne un refus de reconnaître la réalité d’une perception traumatisante. Il s’agit d’un mécanisme de défense inconscient qui constitue une protection nécessaire devant la réalité si angoissante qu’elle peut provoquer un effondrement psychique. Il permet de préserver le sentiment de sécurité et protège de l’angoisse. C’est une stratégie inconsciente de gestion émotionnelle, une mesure de protection face au choc émotionnel, par exemple face à l’annonce de maladie grave ou face au deuil. Tel un mur invisible construit afin de se protéger du danger, le déni permet alors d’amortir le choc. Dans ces cas, il représente une étape nécessaire permettant de supporter la douleur psychique, un temps nécessaire pour se préparer à y faire face.

Freud a décrit ce mécanisme de défense sous le nom de Verleugnung en soulignant sa différence avec le refoulement.  Il a proposé comme prototype du déni de réalité le refus, par le petit garçon,  de prendre en compte sa perception de l’absence de pénis chez la fille.

Nous utilisons tous de ce mécanisme. Présent en petites quantités ce désaveu de la réalité  participe à une stratégie inconsciente de gestion émotionnelle mais lorsqu’il est massif, le déni sous-tend différents symptômes psychiques tel le délire ou le fétichisme. Ce mécanisme se retrouve aussi dans les perversions ou encore dans l’alcoolisme.  Se protéger de la perception de la réalité permet ainsi à l’alcoolique de conserver une bonne image de soi.

Nous pouvons dénier une part pulsionnelle de notre propre fonctionnement (déni du désir ou de la dépression) ou rejeter la réalité ou la qualité, souvent la différence, de l’autre.

déni mécanisme de défense

Le fonctionnement basé sur le déni est souvent l’héritage familial et se communique dès les premières relations avec les parents.  Ainsi, dans les familles touchées par la maladie alcoolique ou par la violence, tous les membres fonctionnent dans une  forme de communauté de déni. Ça se passe comme si la famille imposait une préfiguration (grille de lecture) de la réalité qui ferme, par une injonction plus ou moins tacite, l’accession à des nouvelles perceptions.