Difficultés relationnelles

Dans le domaine du fonctionnement psychique, les conséquences sont toujours  circulaires. Les relations difficiles aux autres s’organisent toujours autour d’une relation perturbée à soi-même qui s’enracine dans les relations précoces défaillantes. Et – inversement – les relations rassurantes améliorent notre sentiment de soi et améliorent notre estime de soi.

Cela arrive lorsque, au sein d’une relation amoureuse, familiale ou amicale nous nous sentons

-          confortable avec l’autre, tout en restant soi-même,

-          en confiance, et parallèlement, nous sentons que l’on nous fait confiance,

-          accepté pour ce que nous sommes,

-          soutenu.

Difficultés relationnelles

Gustav Klimt, Death and Life, fragment, Leopold Museum, Vienne

Nous avons tous besoin et les capacités pour vivre en harmonie avec les autres. La psychothérapie peut aider à découvrir ses capacités. Le thérapeute assure pour le patient une base de sécurité à partir de laquelle il peut explorer son monde interne et ses relations.

Les relations difficiles

Avoir des bonnes relations est l’élément vital de notre équilibre psychique.

Se sentir accepté, respecté ou soutenu, pouvoir faire confiance, admirer et être admiré, aimer et être aimé participent à notre bien-être.

Il n’est pourtant pas donné à tout le monde de nouer et maintenir facilement les relations significatives.  Les difficultés apparaissent alors dans les relations qu’elles soient amoureuses, familiales, amicales ou professionnelles.

Malaise dans les relations

      Pour certaines personnalités, telles que les personnalités borderline, narcissiques ou dépendantes, il n’est pas aisé de développer les relations et de s’y sentir à l’aise. Ces personnes peuvent aspirer à vivre des relations harmonieuses sans y parvenir, comme si quelque chose les en empêchait. Elles craignent l’approchement ou une fois engagées, elles se sentent étouffer dans la relation ce qui les poussent à revendiquer la liberté et l’indépendance. Pour certains l’impossibilité d’engagement, pour d’autres les demandes excessifs et agrippement anxieux au partenaire, autant de facteurs empêchant une relation mutuellement satisfaisante.

Les personnes timides ou présentant un niveau d’anxiété élevé peuvent appréhender les relations et éviter de nouer les liens. Les anxieux peuvent craindre l’intimité. Les phobies sociales poussent à les fuir. Les difficultés à gérer les émotions telles que la colère ou la frustration nous rendent incapables de maintenir des relations équilibrées. Une bonne relation n’est pas une relation a-conflictuelle mais celle où le conflit peut se dire, s’exprimer et s’explorer sans menacer la relation. Les difficultés à gérer le conflit rendent le rapprochement délicat et font que les interactions avec les autres s’avèrent fragiles.  Les troubles dont souffrent les personnes sujettes à la dépression les empêchent d’établir des liens.

La psychothérapie permet de comprendre comment notre fonctionnement psychique nous fait craindre la relation. Qu’est-ce qui nous empêche d’avoir confiance dans l’autre ? Qu’est-ce qui pousse à l’appréhender ou à fuir ? La psychothérapie aide à identifier les sources de tensions. Au cours de la psychothérapie nous explorons les origines mystérieuses de ces difficultés. Nous cherchons d’autres solutions que celle de se déchirer ou se replier sur soi. La psychothérapie ouvre les voies de sortie du malaise dans les relations, de l’isolement et du repli.

Dans le travail psychothérapique avec les patients, le psychothérapeute est attentif aux situations de séparations. Le thérapeute assure pour le patient une base de sécurité à partir de laquelle il peut explorer son monde interne et ses relations.

Relations infantiles – modèle des relations adultes

Nos relations d’adultes dépendent en grande partie de la qualité de nos relations précoces. Lorsque nos premiers liens ont été «secures», ils constituent la base de bonnes relations dans la mesure où ils constituent le fondement de notre confiance en soi et de la confiance que nous avons dans l’autre. Une fois intériorisées, les premières relations de qualité constituent une base «secure», le fondement de notre amour de soi. Cette estime de soi (narcissisme structurant) nous permettra, en retour, d’établir des relations constructives et gratifiantes. Les enfants qui n’ont pas connu des liens d’attachement secures, connaîtront dans vie d’adulte des difficultés à nouer des liens affectifs profonds. Le sentiment de sécurité psychique intériorisée, le sentiment d’être en sécurité dans le monde, est du à des relations justes. Les liens trop distants, trop froids ou, au contraire, trop fusionnels avec l’entourage qui surprotège et ne laisse pas de liberté, provoquent la peur d’abandon qui peut nous amener à éviter les relations.

Depuis Freud, les psys accordent beaucoup d’importance aux expériences de la prime enfance et de l’enfance dans le développement  de troubles psychiques et de difficultés relationnelles. Les carences de soin, les négligences, la perte de l’attention maternelle empêchent un développement équilibré et entraînent la souffrance psychique chez l’adulte.

De nombreux travaux de recherche clinique nous aident à comprendre les liens complexes entre les relations précoces et les relations adultes. Winnicott décrit l’importance du holding pour le fondement d’un bon narcissisme et donc d’une confiance en soi qui constitue la base solide des relations. A. Green explique les conséquences des défaillances des soins maternelles (la mère morte) sur la maturation. Le fondateur de la théorie de l’attachement, John Bowlby, suite à ses travaux de recherche, décrit les liens qui existent entre les difficultés relationnelles et les expériences relationnelles précoces et notamment les privations et les traumatismes d’enfance. Les travaux sur l’attachement ont conduit à des démarches diagnostiques et à des implications dans les psychothérapies.